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… Qu’est-ce que cette suite de lettres peut bien signifier ?

 

Si vous ne possédez pas de scytale, aussi appelée bâton de Plutarque, vous ne pourrez jamais décoder ce message ! Derrière ce nom étrange se cache l’un des plus anciens dispositif de chiffrement militaire connu.

 

scytaleLe principe est assez simple : les personnes souhaitant communiquer secrètement devaient avoir chacune un rouleau de bois de diamètres parfaitement similaires. Celui qui voulait mander quelque chose de secret tortillait autour de son rouleau une lanière de parchemin ou de cuir, sur laquelle il écrivait en plaçant une lettre sur chaque circonvolution. La bande déroulée était couverte d’une suite de lettres sans signification.

Un messager portait alors la lanière de cuir au destinataire, en l’utilisant comme ceinture (lettres tournées vers l’intérieur) pour la cacher.

Il suffisait ensuite au destinataire, de tortiller le ruban de lettres autour de son rouleau pour décrypter les mots et les lignes dans leur ordre naturel.

 

Plutarque raconte ainsi l’utilisation d’une scytale par Lysandre de Sparte en 404 av. J.C. :

« Voici, du reste, ce que c’est que la scytale. Quand un général part pour une expédition de terre ou de mer, les éphores* prennent deux bâtons ronds, parfaitement égaux en longueur et en grosseur, de façon à se correspondre exactement l’un à l’autre, dans toutes les dimensions. Ils gardent l’un de ces bâtons, et donnent l’autre au général: ils appellent ces bâtons scytales. Lorsqu’ils veulent mander au général quelque secret d’importance, ils taillent une bande de parchemin, longue et étroite comme une courroie, la roule autour de la scytale qu’ils ont gardée, sans laisser le moindre intervalle entre les bords de la bande, de telle sorte que le parchemin couvre entièrement la surface du bâton. Sur ce parchemin ainsi roulé autour de la scytale, ils écrivent ce qu’ils veulent; et, quand ils ont écrit, ils enlèvent la bande, et l’envoient au général sans le bâton. Le général qui l’a reçue n’y saurait rien lire d’ailleurs, parce que les mots, tout dérangés et épars, ne forment aucune suite; mais il prend la scytale qu’il a emportée, et il roule alentour la bande de parchemin, dont les différents tours, se trouvant alors réunis, remettent les mots dans l’ordre dans lequel ils ont été écrits, et présentent toute la suite de la lettre. On appelle cette lettre scytale, du nom même du bâton, comme ce qui est mesuré prend le nom de ce qui lui sert de mesure. »

 
Et notre exemple alors ? He bien, si vous possédiez un rouleau de 10 cm de diamètre très exactement, vous pourriez lire : LE TRESOR EST ENTERRE SOUS L’ARBRE !